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N° 164 |
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| Janvier 1998 |
| Mesurer les inégalités
entre nations |
Loïc Cadiou Pierre Villa |
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| Dans la plupart des pays et surtout en
Europe, la mondialisation suscite souvent des craintes profondes. L'idée
prévaut parfois qu'elle pourrait contribuer à creuser les inégalités internes
à chaque pays industrialisé, sans pour autant réduire suffisamment le fossé
qui sépare les pays riches des pays pauvres, de sorte que la répartition
des revenus se trouverait de plus en plus inégalitaire dans le monde, avec
tous les risques que cela comporte en termes de cohésion sociale ou de migrations.
Sans trancher définitivement cette question difficile, l'étude présentée
ici revient aux faits, en proposant une mesure des inégalités entre pays
qui tient compte de la taille des diverses populations nationales. Les vingt
dernières années apparaissent alors en rupture nette avec l'accroissement
séculaire des inégalités qui avait accompagné la révolution industrielle.
Globalement, la mondialisation ne s'est pas accompagnée d'un accroissement
des inégalités, du fait notamment du dynamisme de certains pays d'Asie fortement
peuplés, et, en fin de période, des bouleversements intervenus en Europe
de l'Est. Pour rassurant qu'il soit du point de vue de l'équité globale,
un tel diagnostic ne garantit pas pour autant que les pays en développement
parviendront tous à accéder au bien-être économique. La période récente
a vu en effet un bouleversement des hiérarchies entre nations, qui aboutit
à l'image d'un monde morcelé en différents groupes régionaux, certes plus
homogènes, mais dont les dynamiques respectives peuvent diffèrer profondément. |
Résumé |
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