| Après avoir mis en place, durant les
dix dernières années, le Marché unique européen, l'Europe se trouve maintenant
à la veille d'une nouvelle étape, où l'intégration monétaire complétera
une intégration réelle déjà très avancée. De nouveau, comme à l'époque où
était discuté l'Acte unique, certaines voix se font entendre pour souligner
les risques que comportent ces évolutions, notamment en termes de spécialisation.
Dans ce contexte, il n'est sans doute pas inutile de faire le point sur
les bénéfices attendus du Marché unique : sont-ils finalement au rendez-vous
? Dans le cadre des travaux lancés par la Commission européenne, qui avait
reçu mission de dresser un bilan des effets du Marché unique, le CEPII a
analysé de manière fine l'évolution des flux commerciaux intra-européens
depuis 19801. Comme espéré, ce sont bien les échanges "intra-branches" qui
ont pris leur essor pendant cette période. Le scénario d'une concentration
de certaines branches dans un petit nombre de pays disposant d'un avantage
comparatif, ne s'est donc pas globalement concrétisé. De ce fait, les coûts
d'ajustement liés à la mise en place du Marché unique pourraient être été
assez faibles, et concentrés sur quelques secteurs, comme la chimie par
exemple. Ceci est encourageant pour l'union économique et monétaire. Pourtant,
une nouvelle forme de spécialisation, moins visible, est apparue : c'est
de plus en plus par la qualité que se distinguent les produits et les pays.
La France, de ce point de vue, se place entre l'Allemagne, clairement spécialisée
sur le haut de gamme, et l'Italie et le Royaume-Uni. |
Résumé |