| L'Europe et les pays méditerranéens
se sont engagés dans la voie de l'association. Ils ont décidé
de développer une coopération politique et sociale et de constituer
des zones de libre-échange : les accords d'association, déjà
conclus ou en cours de négociation, prévoient la mise en place
graduelle du libre-échange industriel, accompagnée d'une augmentation
de l'aide financière de l'Union. Pourtant certaines voix s'élèvent
pour exprimer des réticences ou, du moins, un certain scepticisme :
le libre-échange ne serait-il pas un marché de dupes dont
les gains n'iraient, en réalité, qu'à l'Europe ?
Le risque existe, en effet, que les ruptures provoquées par l'ouverture
empêchent les économies méditerranéennes, encore
fragiles, de tirer bénéfice de la libéralisation. Mais,
dans ce cas, l'Europe serait, elle aussi, perdante. Le projet régional
est un pari sur l'avenir que font, ensemble, les pays méditerranéens
et l'Union européenne. Cette dernière devra, à la fois,
encourager l'ouverture méditerranéenne pour que l'option du
gradualisme ne conduise pas à ajourner les réformes, intensifier
la coopération pour contenir les sources de déséquilibre
et, enfin, surmonter ses propres réticences à accorder une
ouverture plus large de son marché aux produits agricoles méditerranéens. |
Résumé |