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N° 138 |
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| Septembre 1995 |
Faut-il payer ses dettes ?
Hongrie et Pologne 5 ans après |
| Jérôme Sgard |
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| L'expérience des années
1980 a montré que la "re-solvabilisation" d'un pays surendetté
et en cessation de paiements impose souvent une réduction de dette
importante. Tel a été le résultat principal des plans
Brady négociés par près d'une vingtaine de pays depuis
1989 : des réductions moyennes d'en-cours de 32 % leur
ont rendu l'accès aux financements internationaux privés,
notamment aux investissement directs. Cependant, de telles opérations
réduisent encore une réputation financière déjà
amoindrie et peuvent rendre pour longtemps plus coûteux l'accès
à ces ressources externes. Qu'en est-il quand un pays surendetté
n'a pas connu de défaut de paiement ? Les avantages tirés
de sa réputation financière intacte peuvent-ils compenser
les conséquences macroéconomiques de paiements d'intérêts
massifs ? Deux pays ayant connu par ailleurs des expériences
assez proches ont fait sur ce point des choix opposés, depuis 1990 :
la Pologne, qui a bénéficié de réductions de
dettes importantes, et la Hongrie, qui a refusé toute option de ce
type. La première connaît aujourd'hui une croissance saine ;
la seconde s'essouffle sous le poids d'un double déficit des paiements
courants et des fiances publiques. Ceci tend à montrer qu'il n'est
pas très intéressant d'être vertueux. |
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