Le passage à la monnaie unique en Europe et la création de l’euro ont constitué un événement majeur dans l’évolution du système monétaire international au même titre que l’abandon des changes fixes au début des années 1970. Depuis, le rôle de l’euro comme monnaie internationale s’est affirmé face au dollar. Mais la bi-polarisation du système monétaire international est source de tensions sur les marchés des changes, l’euro figurant comme seul véritable substitut aux placements en dollars.
Les regards se tournent alors vers la Chine, accusée de déséquilibrer les marchés des changes par ses interventions massives visant à freiner l’appréciation inéluctable du yuan renminbi, mais aussi vers le Japon, dont la monnaie reste sous-évaluée face au dollar et à l’euro.
L’Asie peut-elle continuer à jouer le passager clandestin du système monétaire et financier international ? Inéluctablement, la Chine devra évoluer vers une monnaie convertible et flexible, véhicule d’investissements internationaux et participant à la réduction des déséquilibres mondiaux. Déjà, la politique d’intervention de la Banque Populaire de Chine entre en conflit aussi bien avec l’objectif de lutte contre l’inflation qu’avec le souhait d’améliorer le couple rendement-risque de l’actif extérieur net chinois.
Paul Masson et Patrick Artus nous livreront leurs réflexions sur la politique monétaire de la Chine, le rythme de la libéralisation financière et l’avenir du yuan renminbi comme monnaie internationale. |