| Les échanges
internationaux de l'industrie du textile et de l'habillement ont été
depuis longtemps soumis à un régime exceptionnel de limitations
quantitatives réglementées par les accords multifibres. Les
accords de Marrakech, signés en 1994, incluaient l'Accord sur le
Textile et le Vêtement qui prévoyait la suppression du système
des quotas en dix ans ¾ c'est-à-dire en 2005. Cet événement,
qui se combine avec l'entrée de la Chine dans l'OMC, provoque une
remise en cause profonde de l'industrie à l'échelle mondiale
et notamment la suppression massive d'emplois dans les pays développés.
Le recours par l'Administration américaine aux clauses de sauvegarde
pour bloquer les exportations chinoises de trois produits porte atteinte,
au moins partiellement, au processus de démantèlement des
quotas et augure mal de la reprise des négociations multilatérales.
Pour faire face, les industriels européens ont le choix entre
plusieurs options :
- suivre la voie américaine de la protection, en prétextant
du risque de report sur l'Europe des exportations chinoises ;
- s'implanter dans les grands pays émergents pour accéder
à leur marché ;
- lutter pour le maintien d'une préférence régionale
notamment au profit des pays de la zone euro-méditerranéenne
;
- investir dans l'innovation et le maintien de savoir-faire uniques, sur
le modèle italien ;
- jouer sur la différenciation des produits, notamment à
travers les stratégies de marque ou celles d'intégration
de la distribution.
Il est probable que la réaction des industriels européens
sera une combinaison de ces diverses stratégies qui feront l'objet
de ce débat.
|