| En accumulant des
montants considérables de réserves en dollars pour maintenir l'ancrage
de leurs monnaies, les banques centrales asiatiques ont contribué pour
près des deux-tiers au financement du déficit américain au
cours des trois premiers trimestres 2003. Leur comportement risque-t-il de changer
? L'examen des coûts financiers de l'accumulation de réserves et
des objectifs économiques de ces pays ne le laisse pas penser ; au contraire,
les risques financiers en cas de rupture de l'ancrage et de dévalorisation
des réserves en dollars apparaissent importants.
Pour autant, l'accumulation des déficits américains ne peut se
prolonger indéfiniment. Un ajustement doit intervenir. Le risque est qu'il
se produise à la suite d'une spéculation contre le dollar à
laquelle les banques centrales asiatiques ne pourraient plus résister et
que s'enclenche alors un scénario de récession générale.
Des interventions coordonnées des banques centrales, soutenues par une
réunion du G7, pourraient éviter le déclenchement d'un tel
scénario. Mais pour produire des effets durables, elles devront s'accompagner
de changements significatifs des politiques monétaire et budgétaire
aux États-Unis et en Europe.
À la veille du G 7, et à l'occasion de la parution du numéro
230 de La
Lettre du CEPII, Michel AGLIETTA, Conseiller scientifique au CEPII, serait
heureux de vous rencontrer pour débattre de ces points, lors de ce petit-déjeuner
le 5 février.
|