Questions sur Mondialisation, transports, logistique

L'augmentation du prix des énergies fossiles a permis une légère diminution de la circulation automobile en France. L'augmentation du prix des matières premières (le plomb, le cuivre, aluminium...) va amener une utilisation plus judicieuse de ces matières. La régulation par les prix est donc relativement efficace, mais pose la question des déplacements locaux dans les banlieues, ou dans les campagnes : l'habitat dispersé est fortement pénalisé. Quelles sont les voies de solutions ? (l'initiative de Essilor qui réalise ses lunettes sur place dans les villages indiens est très intéressante en ce sens).

Taos Conseils, Chatou, le 13/09/2007

    Réponse :
    L’élasticité prix de la consommation de produits pétroliers est en effet en France négative aujourd’hui : on remarque par exemple qu’en augmentant la taxe intérieure sur la consommation de produits pétroliers (TIPP), la consommation d’essence et de gazole diminue.
    La mise en place de transports publics peu polluants pallie en partie le problème des déplacements dans les banlieues. La marge de progression de ce type de transports paraît encore importante.


Dans les pays émergents comme l’Inde ou la Chine, l’augmentation de la circulation automobile est associée à la hausse du niveau de vie.Le prix dérisoire du transport maritime par conteneurs favorise l'importation de n'importe quel produit en provenance de Chine, et contribue donc, du fait de la mauvaise qualité de beaucoup de ces produits, et donc de leur faible durée de vie, à la consommation de matières premières, au pillage des matières premières de toute la planète, et à la production massive de déchets. Il contribue aussi à la destruction de l'industrie africaine et de beaucoup de petites industries « locales ». Exemples classiques : tout le matériel électroménager irréparable qui est jeté parce qu'une toute petite pièce est défaillante et qu'elle ne peut pas être remplacée ou encore les outillages , qu'ils soient manuels ou électriques, de mauvaise qualité. Autres exemples : des jardinières en terre cuite extrêmement lourdes, importées et vendues à des prix dérisoires ; l'invasion des meubles chinois obtenus au prix du pillage des forêts asiatiques.

Taos Conseils, Chatou, le 13/09/2007


    Réponse :
    Il est vrai que le faible coût des transports maritimes par conteneurs favorise les échanges internationaux (voir les Dossiers de la mondialisation n°8) et que cela a notamment permis à la Chine de devenir « l’usine du monde ». Elle est donc devenue aussi un gros importateur de matières premières. Le faible prix des biens de consommation fabriqués en Chine et dans les pays autres à bas salaires a aussi permis leur diffusion de masse : quel serait dans nos sociétés l’équipement des ménages et des entreprises en téléphones portables ou en ordinateurs si ceux-ci n’étaient pas fabriqués dans ces pays ? Par ailleurs les Chinois se rendent compte actuellement que ce rôle d’usine du monde a pour eux aussi des conséquences néfastes ( pollution, bas salaires) et ont l’intention de s’orienter vers des productions à qualité et prix plus élevés. La croissance rapide des économies émergentes pourrait à terme buter sur des contraintes environnementales.

Le coût réel du transport aérien s'est effondré dans les 30 dernières années, et en particulier le transport de passagers (compagnies bas coûts) avec pour conséquence l'augmentation de la production de CO2, directement par la multiplication des voyages, et indirectement par les transports d'accès aux aéroports bas coûts (Beauvais, Gatwick,…). Comment faire payer le coût réel pour la collectivité (coût actuel et coût pour les générations futures)?

Taos Conseils, Chatou, le 13/09/2007


    Réponse :
    Il faut éviter certaines idées reçues en matière de coûts du transport international, dont l’évolution depuis 40 ans n’a pas été linéaire, comme le remarque Nina Kousnetzoff lors de son intervention (voir les Dossiers de la mondialisation n°8). Ainsi, la proportion du coût du fret par rapport à la valeur des biens transportés a-t-elle beaucoup diminué après 1950, mais elle a cessé à partir de la fin des années 1980.
    L’idée d’ « internaliser les externalités négatives », autrement dit de faire payer aux compagnies aériennes en l’occurrence, les coûts en termes de pollution (sonore, rejet de CO2) subis par la collectivité est séduisante mais ne va pas sans poser certains problèmes (voir réponse suivante).

Est-il vrai que le kérosène n’est pas taxé ? Pourquoi ?

Taos Conseils, Chatou, le 13/09/2007


    Réponse :
    Le kérosène n’est en effet pas taxé. Le principe de la taxation semble logique mais ne va pas sans poser certaines questions.
    L’un des problèmes potentiels est de déterminer les liaisons aériennes qui doivent être soumises à la taxation. Taxer toutes les liaisons au départ de l’Union Européenne serait plus efficace que de taxer uniquement les liaisons intracommunautaires, car cela porterait sur une plus grande proportion des émissions. En revanche, la taxation intracommunautaire est juridiquement plus facile puisqu’elle est déjà autorisée en vertu de la directive sur les produits énergétiques. La directive prévoit certes un cadre politique permettant d’étendre cette mesure à tous les vols y compris les liaisons internationales à destination ou en provenance de pays tiers mais nécessiterait de modifier tous les accords bilatéraux.
    La question de savoir s'il faut taxer les seuls transporteurs communautaires ou tous les transporteurs transitant dans l'espace aérien de l'Union Européenne est un autre motif de controverse. Naturellement, taxer tous les transporteurs serait plus efficace mais plus difficile à réaliser. En outre, si seuls les transporteurs communautaires étaient assujettis à une taxe, cela constituerait un handicap injuste face à leurs concurrents non communautaires. Néanmoins, sur les liaisons intracommunautaires, les transporteurs communautaires assurent 95% du trafic aérien.
    Le niveau de taxation est un élément jugé souvent plus important, mais difficile là encore à établir. Pour plus de précisions, on peut consulter The Analysis of Taxation of Aircraft Fuel, commandée par la Commission européenne ainsi que sur le site :
    http://unfccc.int/methods_and_science/emissions_from_intl_transport/items/1057.php

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